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Enfant hyperactif: apports de la méditation

On estime entre 5 à 20 % les enfants qui seraient hyperactifs et manifesteraient un manque d’attention. Cette condition, qui concerne majoritairement les garçons, se répercute sur le comportement à la maison et sur la réussite scolaire. Une approche incluant des modifications dans le comportement des parents, des changements dans l’alimentation, une bonne stimulation physique et la méditation serait efficace pour permettre à l’enfant de s’épanouir.

Hyperactivité de l’enfant: Une condition qui peut s’avérer vite handicapante

Par nature, les enfants sont actifs et ils aiment jouer et explorer leur environnement. Cependant, lorsqu’un enfant est continuellement incapable de tenir en place, d’aller au bout d’une activité (scolaire ou ludique), ou d’écouter lorsque l’on s’adresse à lui, cela risque d’entraver sa socialisation et son apprentissage. De plus, les parents et les instituteurs développent souvent un sentiment de frustration face à ces enfants qu’ils n’arrivent pas à canaliser. Souvent, aux États-Unis, et parfois en France, c’est la solution médicamenteuse qui est retenue. Or, comme nous l’apprend Thomas Armstrong, auteur du Radiant Child, brider chimiquement un enfant, sans tenir compte des facteurs qui peuvent l’aider à mieux s’intégrer dans la société, n’est pas une solution.

Le rôle des parents

Si certains facteurs génétiques prédisposent l’enfant à l’impulsivité, à l’hyperactivité et au manque d’attention, l’environnement psychosocial influe également sur l’apparition ou non de ce trouble du comportement (1). Des parents faisant face à beaucoup de stress risquent de favoriser l’apparition de ce trouble chez leur enfant. Les parents qui pratiquent la méditation, ou qui au moins, apprennent à mieux gérer leur stress, vont offrir un environnement émotionnel favorable au bon développement de leurs enfants. Mais parfois, cela ne suffit pas.

L’importance d’encourager l’enfant

L’enfant a besoin d’être encouragé et épaulé. Un enfant hyperactif, souvent en situation d’échec scolaire, risque de développer un manque d’estime et un retrait sur soi. Cela a été associé, à l’âge adulte, à un comportement asocial, voire agressif (2). Il est donc important de souvent encourager et soutenir les efforts de l’enfant. Une étude publiée dans les Archives of Psychiatry révèle que, si les parents ont toujours une approche autoritaire et qu’ils montrent peu d’affection, l’enfant a six fois plus de chance de développer un problème de comportement.

Moins de sucre dans son alimentation

L’alimentation semble également être liée à la prévalence de ce problème. Dans son livre sur l’hyperactivité des enfants (3), le pédiatre Benjamin Feingold explique comment le sucre raffiné contribue à cette condition. De plus, une étude conduite par Robert Thiel, Ph.D., révèle qu’un enfant hyperactif sur deux bénéficie d’une amélioration de son comportement, grâce à une simple prise de calcium en complément alimentaire (4).

Le toucher et le mouvement restent indispensables

Les enfants ont besoin de contacts et de mouvement pour leur bon développement neurologique et affectif. En effet, une immobilisation passagère, comme celle observée chez les enfants souffrant d’une fracture, amène ces derniers à être plus irritables. De plus, le mouvement de balancier que l’on observe chez certains enfants dans les foyers semble résulter d’un manque de contacts et de mouvement.

Dans son livre, The Brain : The Last Frontier (Warner Books), R. Restak note que le fait de porter un enfant ou la proximité physique affecte le développement mental et social de l’enfant ainsi que son comportement. Tous les mouvements, même passifs, comme être bercé, entraînent des stimulations dirigées vers le cervelet.

Cette stimulation permet le bon développement du système nerveux de l’enfant et va aider à diminuer l’hyperactivité et le manque d’attention. Il faut donc donner de l’espace à un enfant hyperactif et lui permettre de régulièrement dissiper le trop-plein d’énergie à travers le jeu et le mouvement. Ce n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’on demande aux enfants de rester immobile pendant plusieurs heures sur une chaise d’école. Heureusement, le système scolaire commence à évoluer et prend en compte le besoin de mouvement que tous les enfants ont, qu’ils soient hyperactifs ou pas.

Note: les soins chiropratiques peuvent aider à diminuer l’hyperactivité en agissant sur la bonne stimulation du système nerveux. Une étude comportant un groupe de contrôle a évalué les effets des soins chiropratiques chez les enfants souffrant d’hyperactivité et de manque d’attention (Attention Deficit Hyperactivity Disorder) et a révélé une amélioration significative chez 57 % d’entre eux (5).

Initier son enfant à la méditation

Enfin, la pratique de la méditation peut aussi offrir une précieuse aide. Elle permet à l’enfant d’apprendre à canaliser son attention. Une étude (6) ayant porté sur des enfants diagnostiqués avec un trouble de l’attention et de l’hyperactivité a suivi plusieurs familles pendant 6 semaines. Durant cette période, les parents et l’enfant ont fait deux séances de méditations guidées par semaine en addition à des séances à la maison. Après les systèmes les parents ont noté que leurs enfants manifestaient une meilleure estime de soi et que la relation parents-enfants s’est améliorée. Les enfants ont noté mieux dormir, moins d’anxiété, et une meilleure capacité de se concentrer à l’école et moins de conflits. Les parents ont noté se sentir plus heureux, moins stressés, et mieux capable de gérer le comportement de leur enfant.

enfant méditation

Les enfants prennent rapidement plaisir à méditer.

À une époque où l’on semble toujours manquer de temps, surtout lorsque l’on a des enfants en bas âges, prendre le temps d’initier toute la famille à la méditation peut paraître inaccessible. Pourtant, les bienfaits seront considérables et méritent largement d’investir 10 à 15 minutes par jour à la méditation. Un enfant peut commencer à méditer (pas nécessairement assis immobile) à partir de 5 ans.

La méditation pour prévenir le stress et l’anxiété des enfants et ados : il n’y a pas d’âge pour être zen!

Article de Madame Figaro du 17/08/2016

D’abord plébiscitée par les adultes pour surmonter un rythme de vie en accélération constante, la méditation offre aussi aux plus jeunes des bulles de déconnexion.

Cours particuliers, activités extrascolaires, les enfants sont soumis de plus en plus tôt à une injonction de performance et peuvent, comme leurs parents, être sujets au stress ou à l’anxiété.

Passer en mode pause

« J’avais beaucoup de pensées angoissantes. Je me suis mise à méditer et, très vite, j’ai ressenti un mieux-être, l’impression d’être plus concentrée », se remémore Agathe, 18 ans, qui s’est initiée, il y a deux ans, à la méditation de pleine conscience. L’objectif ? Mettre le cerveau en pause, porter son attention sur ce qui se passe à l’intérieur de soi, dans le moment présent. Développée initialement par le médecin américain pour diminuer le stress chez les adultes, cette méthode s’inspire à la fois de la pratique ancestrale et des apports des neurosciences. Popularisée en France grâce au best-seller Calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel, la méthode des adultes devient ludique et amusante pour les plus jeunes.

Pour la psychologue , il y a en effet une « urgence à ralentir ». Stimulés en permanence dès le plus jeune âge, les enfants sont soumis à une pression considérable. « Il y a une injonction de réussite à l’école à laquelle s’ajoutent des activités extrascolaires en pagaille et la présence croissante des écrans », explique Jeanne Siaud-Facchin, auteur de « Tout est là, juste là ». Résultat : un emploi du temps surchargé et peu de place à l’ennui. Pourtant, selon la clinicienne, il est indispensable que les enfants retrouvent « ces moments de rien », terreau fertile pour l’imagination. « Lorsque le cerveau n’a rien à résoudre, des connexions se feront sur un mode aléatoire, ce qui va stimuler la créativité », détaille-t-elle. La pratique de la méditation va permettre cette pause nécessaire dans l’activité cognitive de l’enfant.

Apprendre à être soi

Juliette Tronel-Mélois, instructrice, accompagne les petits méditants à partir de 4 ans. « Au moment de la méditation, je vais les aider à être dans leur corps, à ressentir leur respiration par exemple. » Les yeux clos ou mi-clos, l’enfant va alors être invité à ressentir l’air passer par le nez, les poumons se gonfler puis se dégonfler. Il expérimente l’attention portée à la marche, le poids du corps exercé sur une jambe, puis sur l’autre. Entre les cours, ils reproduisent des exercices appris pour être autonomes dans leur pratique. Et alors que les enfants entendent constamment les injonctions « Fais attention ! » ou « Calme-toi ! », sans avoir vraiment appris comment y parvenir, ils ont, le programme fini, ces outils à disposition. est aussi un refuge pour les adolescents particulièrement sensibles à l’atmosphère anxiogène de l’époque. « Certains ont besoin de comprendre, de dépasser une certaine souffrance sans passer forcément par la case psy, de peur d’être catalogués “malades” », pose Soizic Michelot, instructrice de pleine conscience pour les 14-20 ans. « Méditer n’est pas stigmatisant. Ils ne se sentent pas jugés et cela fait sauter les mécanismes de défense », poursuit celle qui est également la coauteur de Comment ne pas finir comme tes parents, la méditation pour les 15-25 ans, un manuel explicatif au ton léger, qui aborde avec justesse les ressorts de cette période charnière dans la construction de soi.

 

Oublier la performance

Comme Agathe, Clara, aujourd’hui âgée de 20 ans, confie être angoissée par la peur de ne pas être à la hauteur. « J’avais des migraines et des ruminations. Aujourd’hui, tous mes maux de tête liés au stress ont diminué », témoigne-t-elle. Elle dit y avoir appris la bienveillance. Envers les autres, mais avant tout envers elle-même. « Quand j’avais l’impression de ne pas être à la hauteur, j’angoissais. Alors que j’arrive maintenant à avoir des pensées positives et à me dire “c’est bien, tu as déjà fait ceci ou cela”. »

De plus en plus sollicitée, la méthode se développe rapidement dans l’Hexagone. Le philosophe émet cependant quelques réserves face à cet engouement. Le fondateur de l’École occidentale de méditation craint une gadgétisation de la pratique et un détournement de son fondement éthique. Pour celui qui est l’un des principaux enseignants de la discipline en France, qu’importent les protocoles et les techniques méditer est précieux, « car c’est un espace de gratuité à soi, qui permet aux enfants d’être profondément eux-mêmes. La méditation, ce n’est pas de la Ritaline, martèle-t-il. Ce n’est pas apprendre à être sage, c’est apprendre à être humain ».